Article:Carbon Dioxide Infrastructure and Project Deployment - Policy Summit takeaways
Être à la hauteur de nos engagements
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Être à la hauteur de nos engagements

Pourquoi la France ne pourra pas atteindre la neutralité sans réparer ni diversifier ses puits de carbone

Camille Fessard and Sylvain Delerce|23 September 2026

Le livre blanc pour les présidentielles 2027 de Carbon Gap propose dix mesures concrètes pour le prochain quinquennat

English version below

Carbon Gap publie « Être à la hauteur de nos engagements », un livre blanc adressé aux candidats à l'élection présidentielle française de 2027. Il propose dix mesures concrètes pour le quinquennat 2027-2032 afin de réparer et de diversifier les puits de carbone français, condition indispensable pour que la France atteigne la neutralité carbone en 2050.

Tenir cet engagement suppose d'abord de réduire massivement nos émissions. Mais réduire ne suffira pas, pour deux raisons. Certaines émissions resteront impossibles à supprimer, notamment dans l'industrie lourde, l'agriculture ou l'aviation, et il faudra les neutraliser. Il faudra aussi, à terme, retirer l'excès de CO₂ déjà accumulé dans l'atmosphère. C'est le rôle de l'élimination du carbone (EDC) : retirer durablement du CO₂ de l'atmosphère.

Or la France fait face à un effet ciseau. Pour garder la possibilité de contenir le réchauffement à 1,5 °C, elle devra éliminer entre 185 et 384 millions de tonnes de CO₂ par an d'ici 2050. Ses puits naturels n'en captent aujourd'hui que 37 millions, un volume appelé à tomber à 22 millions en 2050. L'écart se creuse : il faudra multiplier par plus de huit l'effort d'élimination actuel.

Réparer nos puits naturels est possible : une gestion adaptée des sols et des forêts, la restauration des milieux dégradés et une meilleure prévention des incendies peuvent enrayer leur déclin. Mais ces puits restent vulnérables aux sécheresses et aux incendies, et ne suffiront pas. La France doit donc aussi les diversifier en développant des méthodes de stockage permanent, capables de retenir le carbone pendant des siècles, voire des millénaires. Sur ce terrain, elle part avec un retard réel, mais dispose d'atouts considérables : une recherche de premier plan, une électricité bas-carbone, des espaces terrestres et maritimes propices et un savoir-faire industriel.

Deux voies s'ouvrent donc : développer cette filière en France, avec les emplois qualifiés et les retombées économiques qu'elle crée, ou dépendre demain de fournisseurs étrangers pour tenir nos propres engagements. Les dix mesures du livre blanc, organisées en cinq piliers, tracent une voie concrète : définir une stratégie nationale dédiée à l'EDC ; préserver et restaurer les puits existants ; soutenir la recherche et le déploiement des solutions technologiques ; créer une demande robuste et faire de la France un moteur de l'EDC en Europe.

 

Carbon Gap's white paper for the French 2027 presidential election proposes 10 concrete measures to take during the next presidential term.

Carbon Gap's white paper "Être à la hauteur de nos engagements" (Living Up to Our Commitments), addresses the candidates in the 2027 French presidential election. It sets out ten concrete measures for the 2027-2032 presidential term to repair and diversify France's carbon sinks, an essential condition for France to reach carbon neutrality by 2050.

Meeting this commitment first requires deep cuts to our emissions. But cutting emissions will not be enough, for two reasons: 1) some emissions will remain impossible to eliminate, particularly in heavy industry, agriculture and aviation, and these emissions will need to be neutralised; and 2) in the long run, we will also need to remove the excess CO₂ already accumulated in the atmosphere. Carbon dioxide removal (CDR) is integral to addressing this second challenge.

Yet France faces a scissor effect. To keep the 1.5 °C warming limit within reach, it will need to remove between 185 and 384 million tonnes of CO₂ per year by 2050. Its natural sinks currently absorb only 37 million tonnes, a volume expected to fall to 22 million tonnes by 2050. The gap is widening: France will need to multiply its current removal effort more than eightfold.

Repairing our natural sinks is possible; better management of soils and forests, the restoration of degraded ecosystems and improved wildfire prevention can halt their decline. But these sinks remain vulnerable to droughts and wildfires, and will not be enough on their own. France must therefore also diversify its sinks by developing permanent storage methods, capable of retaining carbon for centuries or even millennia. In this field, France is genuinely lagging behind, but it holds considerable assets: world-class research, low-carbon electricity, suitable land and marine areas, and industrial expertise.

France therefore faces a choice - build this sector at home, with the skilled jobs and economic benefits it brings, or depend on foreign suppliers tomorrow to meet its own commitments. The white paper's ten measures, organised into five pillars, chart a concrete path: define a national CDR strategy; preserve and restore existing sinks; support research into and deployment of technological solutions; create robust demand; and make France a driving force for CDR in Europe.

 

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